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L’état dépressif chez l’enfant.

Auteur: Dr Stéphane Fourrier. 08 février 2013. SESAD de Flers.

Notre propos aujourd’hui n’est pas de faire la description clinique des différentes formes que peut prendre l’état dépressif chez l’enfant. Cette clinique est complexe et il n’est d’ailleurs pas toujours aisé de repérer un état dépressif chez l’enfant.

Nous proposons de nous intéresser à ce qui peut déprimer l’enfant, afin de proposer une classification des différents problèmes sur lesquels la logique de l’enfant bute en le déprimant. Cette classification permettra d’entrevoir des approches différenciées selon les cas pour mieux aider l’enfant déprimé.

Dans son développement normal, l’enfant rencontre déjà des situations qui peuvent être déprimantes. C’est le cas à chaque fois qu’il est confronté à la perte, à un deuil à faire, à la faillite d’un système logique qu’il s’était construit et qui arrive à une impasse.

Mélanie Klein parlait même de la position dépressive, passage nécessaire sur la voie de l’individualisation. Jacques Lacan, à sa manière, partageait ce point de vue, quand il mettait la perte au coeur de ce qu’il a appelé le stade ou la phase du miroir, véritable drame subjectif nécessaire à l’avènement de la subjectivité.

Françoise Dolto comprenait chaque stade du développement psychique comme une des castrations qu’elle appelait « symboligènes », par lesquelles l’enfant avait à passer pour se construire.

La problématique du manque, de la perte, du deuil, fait donc partie intégrante de la structuration psychique. Cette structuration ne peut pas se résumer à une simple adaptation à un monde d’objets environnants selon les principes d’un apprentissage cognitif.

Lacan a réfuté tout abord naturel des objets pour l’être humain, engagé qu’il est à avoir à se faire reconnaître dans un monde symbolique. Dès ses premiers vagissements, l’enfant est dépendant des capacités de sa mère à lui prêter une demande et à l’engager à passer par des demandes de plus en plus articulées. La mère creuse ainsi progressivement mais de manière décisive, avec l’enfant, l’écart entre le besoin et la demande. Aucun objet du besoin n’arrivant à satisfaire la demande, s’ouvre alors le champ du désir. Aucun objet ne pourra faire cesser la demande d’amour, la demande de preuves de cet amour. Le monde ainsi humanisé par le désir est un monde dont les objets sont purement symboliques.

Le symbole n’est donc pas qu’un moyen de communication ou d’évocation. Il est au contraire le résultat d’une opération symbolique, d’une élaboration psychique qui est un vrai meurtre de la Chose. La Chose est ce qui dans nos rapport aux objets est perdu à jamais. Sa perte comme sa retrouvaille sont en fait tout-à-fait mythiques. Lacan réfute ainsi l’idée d’une séparation qui succéderait à une dyade mère-enfant, à une harmonie perdue. Une des manières dont Lacan décrit la symbolisation nécessaire à l’avènement subjectif est la phase du miroir.

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